L’iPhone 4 : quand la star devient la vache à lait d’une stratégie à long terme

Je rebondis sur cet article de PCO Communication Online « Plus d’équilibre sur le marché des Smartphones » dans lequel Philippe Courant nous livre une belle analyse de ce segment de marché en pleine croissance, mais en restant centré sur le point de vue utilisateur.

Pour compléter les propos de ePhil et en tentant l’exercice improbable d’explorer l’orbite oculaire de Steve Jobs, je devine dans le regard de ce dernier une vision à longue, voire très longue distance.

A ce jour Apple conserve l’avantage tant convoité du premier entrant, puisque l’iPhone est tout de même à l’origine de l’avènement du touchscreen phone mass market. Qui plus est, son produit ayant une telle avance lors de son lancement en juin 2007, Steve Jobs a saisi l’opportunité de faire d’une pierre deux coups en imposant de facto un nouveau business model, que ses concurrents ont encore bien du mal à simplement reproduire malgré de nombreux partenariats.

Nous sommes donc bien en présence d’un produit star et de la convoitise de ses challengers.

Mais l’innovation la plus rentable d’Apple se situe sans aucun doute dans son business model (cf. Business model et innovation chez Apple). En se dotant d’une infrastructure complète de distribution de contenus en ligne, contrôlée par un écosystème technologique totalement intégré, Apple s’est lourdement équipé pour tenir longtemps la dragée haute à ses concurrents. Cette ambition à très long terme est servie par une stratégie d’intégration verticale, démarrée il y a déjà fort longtemps, grâce à laquelle aujourd’hui la quasi totalité des brevets et compagnies, intervenants dans la constitution de son offre, appartiennent à Apple.

Bien qu’ayant réussi a imposer un applicatif mainstream, avec sa plate-forme AppStore/iTunes, Apple reste prioritairement centré sur son cœur de métier historique : constructeur informatique. Le service joue donc merveilleusement son rôle dans la promotion des ventes des différents dispositifs (devices) produits par la firme. Laquelle, in fine, jouit d’une formidable rentabilité !

Ainsi, dans la gestion de son porte-feuille de produits, l’iPhone 4 n’est-il sans doute que la « vache à lait » (en BCG dans le texte) qui permettra à Apple de poursuivre la course en tête sur le segment des touchscreen phone, mais également sur tous les autres segments émergeants et fort prometteurs, comme les touchbooks.

Car avec plus de 1,4 millions d’exemplaires vendus en une seule journée, et une entrée de gamme à 169€ (prix public avec abonnement ! il faut donc ajouter la contribution de l’opérateur), l’iPhone 4 est dores et déjà en train de générer un cash-flow pour le moins confortable. De quoi soutenir encore quelque temps une position dominante sur un marché de plus en plus concurrentiel. Mais surtout de belles liquidités pour financer la conquête de parts de marché sur des usages nouveaux et avec des produits qui bénéficieront d’effets de synergies avec l’existant. Le succès déjà mesurable de l’iPad est en partie dû à la richesse du catalogue d’applications (certes + ou – compatibles) disponible sur… l’AppStore d’iTunes !

En conclusion, je serais prêt à parier… mon actuel 3GS ;) sur le fait que l’iPhone 4 n’est certainement pas révélateur des innovations technologiques déjà maîtrisées par la bande à Steve, mais qu’une nouvelle iRévolution nous attend en juin 2011.

SteveJobs-upon-Web

Si cette architecture toute blanche symbolisait le maillage du web, l’acrobate visionnaire campé à son sommet pourrait bien se prénommer Steve ! « Hey Steve, quelle est donc cette nouvelle brique que tu t’apprêtes à plugger sur ton royaume ? »

Le digital bouscule toujours plus fort les habitudes de consommation

Alors que les ventes via les supports digitaux ont franchi un nouveau cap en France avec plus de 25 millions de digital-acheteurs et un chiffre d’affaires de 25 milliards d’euros en 2009, la distribution traditionnelle veut rattraper son retard dans le e-commerce.

8 internautes sur 10 préparent leurs achats sur Internet

La Fevad et Médiamétrie//NetRatings publient les résultats du 6ème baromètre annuel des comportements d’achats multicanaux des diginautes :

Le poids d’Internet s’accroît dans la préparation des achats. Plus de 8 internautes sur 10 (81% contre 78% en 2009) déclarent avoir consulté un site internet avant d’acheter un produit aussi bien sur Internet qu’en magasin ou sur catalogue au cours des 6 derniers mois.

Pour préparer leurs achats, ces internautes plébiscitent les sites de e-commerce : 2 internautes sur 3 s’y rendent pour consulter les fiches produits du site et 63% pour connaître les avis des autres consommateurs. Viennent ensuite parmi les autres sites consultés avant l’achat, les portails et moteurs de recherche (55%) à égalité avec les comparateurs de prix.

Pour Marc Lolivier Délégué Général de la Fevad, « Internet est bien plus qu’un simple canal de vente. Il intervient de plus en plus dans notre consommation. Le fait que les internautes privilégient les sites marchands pour préparer leurs achats en magasin illustre bien la complémentarité entre commerce et e-commerce. Beaucoup d’enseignes l’ont compris et développent aujourd’hui des sites marchands qui viennent prolonger leur offre magasin, répondant ainsi aux nouvelles attentes de leur clientèle. »

Naissance à Lyon du e-tailing Club

La grande distribution traditionnelle semble enfin prendre la juste mesure du bouleversement, engendré par le digital, dans le cycle de décision et dans le processus d’achat des consommacteurs. Ses décideurs viennent de créer à Lyon le e.tailing Club, avec pour objectif de mettre en commun les expériences pour tenter de rattraper un retard grandissant.

« Il ne faut pas se leurrer. Nous ne sommes qu’au début d’une révolution. On n’a encore rien vu. D’après le cabinet Forrester, aux USA, 50 % du commerce de détail passera par Internet d’ici 15 à 20 ans. Nous sommes sur le même chemin en France ». Pour Olivier Bourgeois, président du tout nouveau E.tailing Club, la distribution traditionnelle a intérêt a vite réagir si elle ne veut pas se faire tailler des croupières.

L’E.tailing Club ? Il s’agit de la contraction de E.commerce et de Retailing. L’E.tailing est l’activité de e.commerce de la distribution traditionnelle. Une révolution profonde qui amène à tout repenser : les prix, la logistique, le fait d’aller vers le client où lieu d’attendre leur venue dans les grandes surfaces.

L’association accueille les distributeurs (déjà adhérents : Carrefour Market, Intermarché, Toupargel, La boîte à outils…) les institutionnels ainsi que les prestataires apportant des services ou des solutions techniques ou matérielles. Petit détail : les pure players (les acteurs 100 % Internet) ne sont pas admis !

Comme dirait Olivier Marx – Altics.fr – « en 2010 tout reste à inventer et la Famille Mulliez de l’ère digitale (eAFM) n’existe pas encore ! »

Quid des nouveaux devices, comme l’iPad ?

E-consultancy s’est déjà penché sur la question : les e-marchands prévoient-ils de développer des applications (Apps) ou des versions spéciales de leurs sites web pour l’iPad ? ou bien pensent-ils que les sites web existants feront l’affaire ?

Le débat est ouvert.

Et bien que le nombre d’iPad en service soit encore très faible aujourd’hui, vs les parcs de PC et de smartphones, la tablette d’Apple représente déjà « l’une des plus forte croissance jamais observée parmi les nouveaux supports de consommation » (cf. illustration ci-dessous et l’article ici). Et le taux d’engagement de ses utilisateurs est tout aussi impressionnant, avec plus d’1 million d’applications et 250 000 ibooks téléchargés en moins d’un mois.

Nouveaux médias + nouveaux usages = nouvelle stratégie digitale ?

Il est certain que la réflexion doit être menée sans délais pour ne pas rater l’âge d’or du digital business.

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Les indépendants d’Auvergne s’associent dans… Le WAI

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Le WAI ouvre ses portes et du même coup son registre d’inscription.
Groupement d’indépendants Auvergnats, Le WAI est une initiative ambitieuse et pleine de projets portée à l’origine par Jean-David Olekhnovitch et Anthony Noto.

Organisé sous forme d’association loi 1901, Le WAI accueille les acteurs locaux du Web, de la communication et des médias, des nouvelles technologies… et leur propose de « mettre un coup de pied dans la fourmilière pour proposer une autre façon de collaborer et de travailler ! ». Tout un programme.

Inscription, adhésion, plan d’actions, programme des activités… c’est par ici www.lewai.fr, seuls critères pour s’inscrire : être un indépendant ou une petite structure, et avoir l’esprit ouvert !

Si Le WAI est en vous… rejoignez-nous.

Chief Community Officer : le directeur marketing de demain… d’aujourd’hui ?

Un grand merci à Manuel Diaz pour ses propos chargés de sens (et du bon), recueillis par ReadWriteWeb. C’est un plaisir de découvrir son point de vue sur le rôle du marketing digital dans la performance des marques, je le rejoins sur de nombreuses positions.

Une fois mis en si bel appétit, j’aurais aimé qu’il exprime sa vision sur le périmètre du marketing digital : accepte-t-il encore une dichotomie des responsabilités entre marketing produit et marketing client, entre amont et aval ?

Comme le rappelle Manuel Diaz dans son interview, le web à d’abord engendré la communication multimédia, pour passer rapidement à la communication online et au webmarketing… Aujourd’hui, la convergence opérationnelle des médias (web, tv, mobile), nous propulse dans l’aire du marketing digital, multi-canal. Mais la révolution portée par les Technologies Internet ne peut pas s’arrêter brusquement aux portes de l’entreprise après avoir parcouru, aller/retour, les médias de masse. Grand dieu non !

Ici encore je partage totalement l’analyse de Manuel Diaz dans l’executive summary du livre blanc publié par le Groupe Reflect, sur ce qu’ils nomment « Attention marketing« .

En explorant les liens proposés dans l’article de ReadWriteWeb, et en recoupant avec mes lectures préférées, j’ai retrouvé une définition livrée par l’éclairé Bertrand Duperrin : « Le Community Manager … (est) une cellule avancée de la R&D, de la communication et du business dévelopment pleinement intégré dans le business model de l’entreprise et qui impacte autant l’amont que l’aval de la chaine de valeur. C’est quelqu’un qui a une vision globale et transverse du business« .

Mais mieux encore, cet autre nouveau poste : Chief Community Officer, dont la définition est ici donnée par Chuck Brymer – DDB, me semble plus en cohérence avec la position décrite par Bertrand, et son rôle transversal. Le Community Manager ayant une fonction très opérationnelle sa vision est, de fait, moins globale.

Le web, customer centric, n’a pas fini de bouleverser la relation marque/consommateur, et avec elle c’est toute une profession qui est en cours de mutation. Je suis impatient de voir émerger une vision aboutie de cette transformation, aboutie jusque dans ses implications organisationnelles au sein l’entreprise et dans les relations agence/annonceur.

Pour cela je ne pourrai malheureusement pas compter sur mon mentor d’antan (!), puisque celui-ci à définitivement retourné sa lorgnette sur son nombril ;)

Alors Monsieur Diaz… une place est libre ;)

Marketing Digital : un nouveau jour sur la relation marque/consommateur. Qui portera la vision ?

"Digital performances" : un nouveau jour sur la relation marque/consommateur. Qui portera la vision ?

Le Social Business Design : un nouvel élan pour la Cité virtuelle du Design ?

Un article de Fred Cavazza synthétise un concept dont on devrait entendre beaucoup parler dans les prochains trimestres :  le Social Business Design, présenté comme  « …une philosophie qui vise à repenser le marketing d’une marque et la collaboration au sein de ses équipes en s’appuyant sur les médias sociaux. Dans ce modèle, tous les acteurs externes et internes sont connectés et capables de contribuer. »

From Social Media To Social Business Design

Jusque dans les visuels qui l’illustrent, ce concept me rappelle avec force un projet sur lequel j’avais planché avec passion (as usual ;) pendant plusieurs mois avant de préférer rejoindre le monde du casual gaming :  la Cité virtuelle du Design ! Il s’agissait alors de créer, pour la Cité du Design de Saint-Étienne, un « hub de l’économie de la connaissance autour du Design » pour lequel j’avais conçu un projet complet d’architecture fonctionnelle.

Ci-dessous une illustration extraite de mon projet : le mapping des acteurs de la Cité du Design. Je reviendrai certainement sur ce travail dans les prochaines semaines.

mapping des acteurs de la Cité du Design