Foursquare : le premier Social game in real life ?!

En réaction à cet article du blog de l’agence Elaee…

Foursquare est tout sauf un outil de flicage puisque c’est l’utilisateur qui décide, ou non, de déclarer où il se trouve. C’est plutôt un outil de « déclarage » ;)
Quant au business model il a de fortes chances de trouver sa rentabilité bien plus vite qu’un Twitter. Les exemples de campagnes que Elaee a publié sur sa page Facebook témoignent de la pertinence du système pour pousser des offres/infos extrêmement ciblées (géo-ciblées). Le web local et les LBSN (Location-Based Social Networks) ont de beaux jours devant eux.

Reste à atteindre la taille critique (nombre d’inscrits au service) pour pouvoir parler de mass media. Sur ce point aussi Foursquare s’est doté d’une arme efficace qui a déjà fait ses preuves dans le domaine du social networking, en matière de conquête et de fidélisation : le jeu et la compétition.

Avec les grades, les challenges, les classements… Foursquare exploite les mécanismes addictifs et viraux du Casual gaming, ou Social gaming. Les « points Cool » (par exemple) ont très largement contribué à la fidélisation des nouveaux inscrits sur Facebook, et le Casual gaming compte des adeptes par centaines de millions dans le monde !


Enfin, pour revenir au business model, le placement de produits dans les jeux est lui aussi un système de monétisation d’audience qui a fait ses preuves : rentable pour l’annonceur et parfaitement accepté par le gamer, pourvu qu’il soit intelligemment intégré dans le gameplay.


En résumé Foursquare pourrait être l’un des premiers Social game in real life dont le business model serait exclusivement basé sur la pub et le sponsoring.

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Le badge « BK Art Star » du Brooklyn Museum – NY – à gagner sur Foursquare

(source : le blog d’Antoine Dupin)

L’iPhone 4 : quand la star devient la vache à lait d’une stratégie à long terme

Je rebondis sur cet article de PCO Communication Online « Plus d’équilibre sur le marché des Smartphones » dans lequel Philippe Courant nous livre une belle analyse de ce segment de marché en pleine croissance, mais en restant centré sur le point de vue utilisateur.

Pour compléter les propos de ePhil et en tentant l’exercice improbable d’explorer l’orbite oculaire de Steve Jobs, je devine dans le regard de ce dernier une vision à longue, voire très longue distance.

A ce jour Apple conserve l’avantage tant convoité du premier entrant, puisque l’iPhone est tout de même à l’origine de l’avènement du touchscreen phone mass market. Qui plus est, son produit ayant une telle avance lors de son lancement en juin 2007, Steve Jobs a saisi l’opportunité de faire d’une pierre deux coups en imposant de facto un nouveau business model, que ses concurrents ont encore bien du mal à simplement reproduire malgré de nombreux partenariats.

Nous sommes donc bien en présence d’un produit star et de la convoitise de ses challengers.

Mais l’innovation la plus rentable d’Apple se situe sans aucun doute dans son business model (cf. Business model et innovation chez Apple). En se dotant d’une infrastructure complète de distribution de contenus en ligne, contrôlée par un écosystème technologique totalement intégré, Apple s’est lourdement équipé pour tenir longtemps la dragée haute à ses concurrents. Cette ambition à très long terme est servie par une stratégie d’intégration verticale, démarrée il y a déjà fort longtemps, grâce à laquelle aujourd’hui la quasi totalité des brevets et compagnies, intervenants dans la constitution de son offre, appartiennent à Apple.

Bien qu’ayant réussi a imposer un applicatif mainstream, avec sa plate-forme AppStore/iTunes, Apple reste prioritairement centré sur son cœur de métier historique : constructeur informatique. Le service joue donc merveilleusement son rôle dans la promotion des ventes des différents dispositifs (devices) produits par la firme. Laquelle, in fine, jouit d’une formidable rentabilité !

Ainsi, dans la gestion de son porte-feuille de produits, l’iPhone 4 n’est-il sans doute que la « vache à lait » (en BCG dans le texte) qui permettra à Apple de poursuivre la course en tête sur le segment des touchscreen phone, mais également sur tous les autres segments émergeants et fort prometteurs, comme les touchbooks.

Car avec plus de 1,4 millions d’exemplaires vendus en une seule journée, et une entrée de gamme à 169€ (prix public avec abonnement ! il faut donc ajouter la contribution de l’opérateur), l’iPhone 4 est dores et déjà en train de générer un cash-flow pour le moins confortable. De quoi soutenir encore quelque temps une position dominante sur un marché de plus en plus concurrentiel. Mais surtout de belles liquidités pour financer la conquête de parts de marché sur des usages nouveaux et avec des produits qui bénéficieront d’effets de synergies avec l’existant. Le succès déjà mesurable de l’iPad est en partie dû à la richesse du catalogue d’applications (certes + ou – compatibles) disponible sur… l’AppStore d’iTunes !

En conclusion, je serais prêt à parier… mon actuel 3GS ;) sur le fait que l’iPhone 4 n’est certainement pas révélateur des innovations technologiques déjà maîtrisées par la bande à Steve, mais qu’une nouvelle iRévolution nous attend en juin 2011.

SteveJobs-upon-Web

Si cette architecture toute blanche symbolisait le maillage du web, l’acrobate visionnaire campé à son sommet pourrait bien se prénommer Steve ! « Hey Steve, quelle est donc cette nouvelle brique que tu t’apprêtes à plugger sur ton royaume ? »